mardi 20 novembre 2018

Retour au turbin

Mais bordel ça fait mal !!! C'est comme si on m'arrachait le nerf d'une dent de sagesse cariée... Ça fait tellement longtemps, c'est une discipline tellement dure. On se dit qu'on a su écrire, qu'on sait écrire, qu'on sait toujours écrire, mais en fait c'est comme le langage : on se prend de plus en plus les pieds dans le tapis. Plus on avance, plus on trébuche, on reporte, on repousse, on pense que ça reviendra. Et puis non, ça ne revient pas. On n'a plus le temps, on est passé à autre chose, on a écrit ailleurs, pour d'autres. Écrire ça devrait être comme le vélo, ça ne devrait jamais s'oublier. On devrait toujours être capable de remonter en selle, même après une gaufre, de replacer ses pieds sur les pédales, d'actionner le mouvement. C'est sûr, au début le guidon bouge un peu, on a du mal à faire autre chose en même temps, si on regarde pas devant soi on va droit dans le mur ou on percute un trottoir. Comme le vélo, ça défoule, ça permet d'exprimer le meilleur comme le pire, ça donne envie de chialer, ça fait rire, ça fait suer, c'est surtout tellement bon. Écrire ça aide à sortir de soi et à se connaître. Ça aide à aller vers les autres, à laisser les autres venir vers soi. Les années, le travail, les enfants, les excuses, tout ça ne devrait jamais nous faire oublier que nous sommes là pour créer, pour échanger, des photos, des dessins, des peintures, des textes, du son. Alors, allons-y. >>>>

dimanche 27 décembre 2009

The Christmas Party Massacre - Part II


Bon ben voilà, j'veux dire, c'est qui qui disait "La vie est un perpétuel recommencement" ? Nom de Dieu, si je l'attrape çui-ci, j'lui fais sa fête. Nan mais sans blague. Tu parles d'une coïncidence, à ce niveau là c'est même plus de destin qu'il s'agit mais juste de cycles - on y revient toujours à la Petite Reine... Ou au Petit Renne en l'occurrence, car cette année, le décor du massacre ne fut pas de blanches étendues, mais bien les boulevards parisiens, certes enneigés mais plutôt gadouillasses. Ceux qu'étaient là l'an dernier s'en souviennent peut-être :

The Christmas Party Massacre-2008

... de l'épisode glacial du mecauvélorouge, Rol.K qui brave la tempête en avion, puis en voiture, pour un homme, et qui se retrouve comme une pauv' pomme en plein Iowa tout ça tout ça... Bah là, j'ai rien trouvé de mieux à faire que de vivre la même, un épisode sanglant avec le mecauvélod'argent, et pourtant, c'était pas les signaux gros comme des zeppelins qui manquaient : les Crocs en commun, le signe astrologique, Hank, bref, je me suis pris un gadin en fonçant tête baissée, de cette aventure il ne restera qu'un adage : "Règle numéro UN : un mec-du-vélo tu ne serreras point". C'est encore la ville qui m'a sauvée. L'an passé, je me retrouvais seule dans une chambre de motel de l'east side de Chicago, en boucle porn gratos et news improbables, attendant de prendre un vol express tombé du ciel pour San Diego. Durant ces 3 jours, je rencontrais la moitié de la communauté colombienne de Chi-Town, m'étourdissais et me ruinais l'estomac à la sangria en bouffant galettes et beignets de maïs luisants, accompagnés de tranches de lard. C'est ça l'Amérique. Et c'est ça aujourd'hui Paris. J'arrive à me mouvoir dans ma propre ville comme une touriste, je m'extasie des rencontres que j'y fais, et je vous dis une chose, rien de tel qu'un bain de foule quotidien et de brefs échanges avec des centaines de personnes inconnues pour vous faire comprendre que vraiment, nan vraiment, vous n'êtes pas seul(e) au monde.







Vu que je suis un peu mono-maniaque et que j'ai la manie des listes, en v'là une qui est bien consistante et pas exhaustive. Elle résume une expérience humaine unique. Nan vraiment sans blague. Y'a que les cons qui se prennent au sérieux. Life is a beach.

Bilan de mon expérience d'emballeuse/handballeuse-pivot de première ligne :

  • 1 tube d'Homéoplasmine - grand format
  • 1 plaquette de Décontractyl
  • 1 poignet
  • 1 orteil
  • 1 pouce
  • 1 majeur - celui qui sert le plus, pfff.
  • 40 barres de rire
  • 1 crise de nerfs
  • 2 crises de larmes
  • 3 crises de fou-rire-à-se-faire-pipi-dessus
  • 4 cartes de visite
  • 12 tickets resto en cours de validité
  • 1 ticket de métro
  • 4 sucettes offertes par le Père Noël maniacodépressif qui zonait dans la Galerie et faisait même peur aux adultes
  • 1 paire de gants customisés en mode gants de lépreux (mi-mitaines/mi-moufles)
  • 19 camping-car de Barbie
  • 17 pyramides Playmobil
  • 24 tenues de Zorro
  • 12 tenues de cow-boy
  • 3 tenues de pompier
  • 1 tenue de flic
  • 12 robes de princesse à paillettes trop ringardes
  • 1 paire de menottes
  • 26 puzzles genre calendriers des PTT avec, dans le désordre : colleys/Lassie ; chevaux galopants sur la plage/dans les prés ; chatons siamois ; chiots labrador/cockers ; perroquets/perruches...
  • 126 boîtes de Lego en tous genres
  • 3 Millenium Falcon trop-de-la-balle à 250 € (sigh !)
  • 74 circuits de bagnoles avec et sans looping
  • 96 poupées Barbie ressemblant toutes à des versions sans cicatrices de véroles de travelos brésiliens du boulevard
  • 8 maisons de Barbie à 4 étages
  • 4 Sophie la Girafe
  • 1 cerf-tête imitation bois de renne
  • 12 000 blagues avec variantes sur les cornes, medley : "je porte plutôt bien les cornes", "moi j'ai les cornes tellement hautes que je passe plus la porte de chez moi", "à moi aussi mon mari m'a offert une paire de cornes à Noël", "vos cornes sont plus petites que les miennes", "échange vos cornes contre ma femme"...
  • 2-3 coups de foudre fulgurants
  • 1 $ porte-bonheur
  • 50 lires italiennes
  • 1 bénédiction porte-chance
  • 1 bracelet de cuivre magique à chaque bras tel le Génie-de-la-lampe
  • 1 boîte entière de macarons Ladurée tous frais
  • 1 bonbon Mentos
  • 2000 vrais sourires
  • 120 sourires contraints/contrits
  • 10 visites-amies
Et puis le tout en musique :
soundtrack de base >>>>>>

>> The Knife - "Heartbeats"
>> Bob Marley - "Positive Vibration", "Rat race", "Kinky Reggae"
>> Sex Pistols - "Holiday in the sun"
>> Jackson 5 - "ABC"
>> Madonna - "Material Girl"
>> Luna Parker - "Tes états d'âme Eric"
>> Belle & Sebastian - "Get me away from here I'm dying"
>> Of Montreal - "The party's crashing on us"
>> The Whitest Boy Alive - "Burning", "Don't give up"
>> John Frusciante - "Wishing"
>> Pat Benatar - "Love is a battlefield"
>> The Rolling Stones - "Let's spend the night together"
>> Franck Sinatra - "Love and marriage", "New York New York"

WISHLIST:


Le vélo-qui-porte-mon-surnom :


On s'retrouve tous très vite en 2010, l'année de la SAUCISSE !!!!!!!!


Peace.


Crédit photo : http://www.flickr.com/photos/rohand/

mardi 24 novembre 2009

Le Vélo de Chris


Ah ah, t'as voulu faire la maline, t'es bien boulée maintenant, c'est pas tout ça mais va falloir que tu les démarches, que tu les emboites, que tu les écoutes tous ces gars et filles qui ont un vélo dans leur vie. Rappelle-toi, ce gars-là, à San Diego l'hiver dernier, c'est un peu grâce à lui quand même que t'as eu cette idée brillante hein? Va p'tête bien falloir lui faire un peu les honneurs qu'il mérite, parce que lui, pour le coup, son Vélo c'est toute sa vie.

Pour ceux qu'étaient jamais venus avant, juste un topo pour vous donner une idée de ma position géographique au cours des trois dernières années: Paris - Etats-Unis - Paris - Etats-Unis - Paris - Etats-Unis, ouai mais Californie mec, pas l'Idaho. J'ai travaillé deux saisons au Banana Bungalow (" San Diego "), établissement pas vraiment honorable, où la moindre averse se transforme en déluge près de faire exploser la baraque dont tous les fils électriques sont plus ou moins à nu, bah oui, construit sur la plage, tout y a été fait à l'arrache et tout y rentre, vagues, sable, mouettes dégueux, Marines en perm', pucelles-à-sac-à-dos, alcooliques précoces ou en pleine cirrhose et/ou surfers, curieux/curieuses (c'est moi ça) et... Des paumés.

Chris est un Môsieur plutôt grand, à lunettes, timide, de 47 ans. Chris n'aime pas qu'on le prenne en photo mais adooore qu'on regarde son vélo. Il lui a même donné un nom: "The Clumsy Oaf" (Le Gros Balourd). Chris a fait tout ce chemin en roulant depuis l'Oregon. Chris a perdu son emploi de biologiste, ne s'est jamais marié et n'a pas eu d'enfant. Chris ne parle pas de ses parents, ni de ses frères ou de ses sœurs. Chris voyage seul. Enfin non, Chris voyage avec son vélo. Parce que Chris a du partir de chez lui et tout vendre. Enfin ce que lui avait pas pris les créanciers, les juges, les flics, les mouettes... Encore elles ces salopes ! Chris, je lui ai donné un lit pour une semaine. Bah ouai, dans les auberges de jeunesse y'a pas que des jeunes, ça c'est des légendes. Elles servent aussi à héberger des américains qui s'exilent, qui fuient, qui cherchent une vie meilleure dans un autre État. Souvent des gens qui repartent à zéro. C'est toujours un peu délicat parce qu'ils font peur aux-jeunes-qui-rient-fort-et-qu'ont-des-boutons-d'acné. Mais c'est à la personne en service à la réception d'accepter - ou pas - un/une quadra, quinqua, un zèbre, un rhinocéros ou autre, dans un dortoir. C'est le mélange, c'est ce qui fait le folklore de ces lieux et c'est ce qui forgent toutes ces têtes encore vides qui prennent en même temps une belle leçon de vie.

Chris c'est un mec comme ça. Chris a bricolé son vélo et est très fier de son système de porte-bouteilles-géantes. Je lui ai même dis qu'il devrait déposer un brevet, sans blague, l'Amérique c'est quand même le pays où le mec qu'a inventé le velcro-silencieux est devenu millionnaire en vendant son invention à l'US Army (The Garden State).

Chris était copain avec un aut' gars, Garry, lourdé de Microsoft, fils de présentateur radio star des 70ies, un peu picolo, qui lui a dû finir par dormir dans son van, parce que plus de sous pour payer son lit, et puis qui est revenu dormir chez nous après avoir vendu son van, puis sa machine à pain, son blender, puis sa machine à coudre, son laptop. Ces mecs sont pas des indigents. Ils s'en sortent comme ils peuvent et ils continuent de rêver. Comme par hasard, ils rêvent tous du Mexique. Bah oui, au moins là-bas si tu dois dormir dehors, tu risques moins te les peler. Pas con...

lundi 23 novembre 2009

Of Bikes and Men

Vite, vite mes mains, suivez ma tête, elle va trop vite, comme moi quand j'pédale - sans blague - nan vraiment, vous m'avez tirée du lit, il est 5 heures du mat', j'ai cherché pourtant à me retourner, à vous ignorer, à me dire que l'inspiration je l'avais perdue, tout comme le sourire de celle qui part... Ah ah, petites rigolotes, j'ai un peu mal à la tête , la pause burger-Picon-Caravane est passée comme une lettre à la poste, ça aurait pu être pire, ça s'est déjà fait.

Mais non. C'est une évidence. J'existe donc j'écris. Ouai vous aussi vous m'avez manqué les mecs. Les Anglo-saxons désolée, c'est pas encore pour tout de suite la version bilingue, déjà j'ai tellement de choses à écrire que mes mains se crampent, alors pour le cerveau, on attendra un peu.

Je pouvais pas abandonner le projet. Le prétexte du voyage nourricier pour l'inspi bah ouai tout ça c'est des prétextes, ma ville, c'est Paris, tant qu'à être ici autant ouvrir les yeux et profiter des voyages qu'elle nous offre. Et puis des bouts de voyages pas couché su'l'papier j'en ai plein ma besace, il faut que vous sachiez Bonnes Gens, que j'en ai encore des choses à vous raconter et que le projet qui me tenait à cœur il ne tenait qu'à moi qu'il se réalise.

Je voulais faire des portraits d'hommes, de femmes, d'enfants avec leurs vélos. Of Bikes and Men. Ça sonne comme le titre du bouquin de Steinbeck, Of Mice and Men, un bon lui aussi pour ce qui est des road trips -(cf. Travels with Charley). Leur parler, les photographier dans leur élément, leur maison, leur décor. Parce qu'un vélo à son histoire, on y met de soi, il nous ressemble, il porte tous ces détails cachés connus par nous seul pour lesquels on se flatte lorsque des yeux curieux les découvre. Mon vélo à moi c'est une fable. D'ailleurs c'est p'têt par lui que je vais commencer.

Le Vélo de Carole

Vélo AVANT :


Le Vélo de Carole est né en octobre 2008. Il est né de la colère de Carole après un vol de vélo. Rien ne la destinait - à se prendre pour Alain Delon et à parler à la troisième personne - sans déconner... Nan, rien ne destinait Carole à rouler en single speed et pourtant. Vous vous rappelez NYC, Brooklyn, le Vélo de Carole-des-Etats-Unis, celui avec lequel elle a silloné les grandes villes américaines, déjà celui-là il avait un beau profil, il allait vite, ok avec des vitesses, mais déjà des cales-pieds et surtout, il lui donnait cette impression incroyable de voler... Bah elle voulait pas que ça s'arrête. Le Vélo de Paris serait un vélo comme celui des coursiers dingues de Keuyornew, un truc épuré, un truc facile à entretenir et à la mécanique somme toute, assez simple. Pour Carole, un Vélo ça doit être un peu comme une Volvo : tu lui mets une goutte d'huile de temps en temps, tu resserres deux-trois trucs et tu vérifie régulièrement la pression des pneus.

Après il a fallu trouver le cadre. Ouai sur internet ils ont dit que pour faire un single il fallait déjà trouver un cadre, ok, à la bonne taille, ouh la, avec des entrées, des entailles, enfin des trucs en bas là qui s'appellent-chais-plus-comment pour mett' les roues qui doivent être comme-ci et pas comme ça, et puis après les roues, les moyeux... Quoi un cintre ? Ah ouai l'autre nom pour le guidon. Un pédalier, un boîtier de pédalier... Quoi ? Un ratio ? Nan les mecs, vous vous la racontez sur vos putains de forum, c'est pas compliqué, je veux un truc pour rouler et pour me déplacer, et là vous venez me dire que y'a plein de trucs auxquels j'avais pas pensé ! J'ai cru devoir abandonner. Je suis allée jusqu'à Tours en TER acheter un vélo Motobécane d'occase' en pensant en faire quelque chose mais quand ça a commencé à parler soudure, montage, j'ai eu comme l'impression de m'être embourbée. Et en attendant, toujours pas de vélo. Et ce magasin là, rue Pierre Dupont à deux pas de chez moi, sur mon chemin quand je vais au Franprix... Ah ouai ça c'est certain ils en ont des beaux vélos, mais ces mecs, d'ailleurs y'a que ça là-bas, on dirait une secte, ils font les acrobates sur leurs vélos, j'ai trop peur, trop la honte d'aller leur parler. Alors les vélos, pour les voir de près, je passe devant la boutique la nuit, quand tout est fermé et j'colle mon nez à la vitre comme les gosses à Noël devant les vitrines. Un jour faudra quand même bien que j'y aille. Et j'y suis allée. Le jour. J'ai parlé avec un mec qui ressemblait à Casper, qui m'a tutoyée tout de suite et qui a voulu me refourguer un cadre chilien rose, certes à ma taille mais rose... En tout cas, mon premier coup de pédale sur un fixe c'est grâce à un mec avec une barbe d'ayatollah que je l'ai passé, lorsqu'il m'a laissée essayer le vélo-de-la-vitrine. Moi j'y connaissais rien mais de ce jour là, je me souviens de tout. Du temps qu'il faisait, des vêtements que je portais. Un peu comme la première fois que tu roules une pelle. J'ai remonté mon futal, arrivée au bout de la rue j'ai découvert avec stupeur que y'avait pas de freins, mais non, fallait pas perdre la face. Putain les mecs j'ai eu chaud ce jour-là. Bon et puis d'façons ce vélo il est trop grand.

Carole sans vélo depuis un mois. Trop dur. J'ai été chez Bicloune aussi, j'ai essayé un vélo de course japonais, Dame, j'avais jamais été couchée comme ça sur un vélo, ah ouai les mecs du camion-poubelle que je viens de doubler vous avez vu mon string, ouai je sais, je me verrais, je sifflerai aussi. Pas pour moi non plus. Le vélo d'occas' de mes rêves, j'crois que je le trouverai jamais. La bonne taille, la bonne géométrie... J'en étais à reluquer tout ce qui roulait, habitude que j'ai gardée d'ailleurs, envieuse, j'en aurai pleuré d'être à pinces. Je me suis dis qu'il fallait que j'achète du neuf, que c'était moins risqué, quand on y connait rien, faut rester humble, mais le choix dans le tout-fait n'était pas vaste. Et là, ce fut comme une apparition. Love at first sight. Un pur hasard, p'têt une recherche sur Google du type : "cadre 49 cm single speed complet" et BIM ! J'ai imprimé la photo, et encore comme une gosse, je suis-allée-chez-le-marchand-de-vélos (Cycles Laurent) et je leur ai dis : "j'veux ça !". Vélo s'est fait attendre, il s'est fait désirer, il a du être payé en deux fois. Quand il est arrivé on était déjà en octobre, deux semaines plus tard je repartais en Californie faire un road trip avec un pote, pas moyen que je l'emmène, trop peur de l'abîmer. Pas grave. je serais encore plus heureuse de le retrouver en janvier, quand tout sera gris, que je serais au fond du sac d'être de retour à Paname. Pour la suite, je vais la faire brève :

A mon retour, Vélo a roulé 15 jours avec ses deux freins et son cintre piste. Vélo et Carole ont ensuite été chez Cyclope se faire : 1) chambrer ; 2) poser un nouveau cintre et se faire amputer d'un frein. Deux semaines plus tard, Carole, un peu éméchée, a voulu faire la démo du moyeu flip-flop à ses potes-pas-du-vélo et Vélo est passé en pignon fixe. Manque de bol, c'était en haut de la butte Montmartre, mais Carole a appliqué sans le savoir la devise aujourd'hui si chère à son ami DADA : " On fonce, on verra après ".

Vélo n'est depuis plus jamais repassé en roue libre. Vélo est allé à Berlin pour se roder et il a toujours attendu sa Maîtresse bien sagement devant tous les musées, bars et restos-à-saucisses. Vélo aime la pluie, la neige, le vent et surtout, Vélo est le plus beau vélo du monde.
Crédit photo : http://www.yann-g.com/blog/

dimanche 19 avril 2009

Tous en piste !

Paris Bike Days, INSEP - Vincennes - Du lourd, du cuissot, du parquet, un bourdonnement unique. Et un vieux de la vieille pour surveiller tout ça. Q.U.A.L.I.T.Y.

http://www.insep.fr

Balade sur la Côte d'Azur :



Lièvre à moteur :



Monos comme un gosse :

mercredi 31 décembre 2008

Récap 2008 - Movin'on

Les dernières images de l'année. En diaporama. Et technicolor.

Fin 2008 en images

The Christmas Party Massacre






Je vais essayer de vous la faire brève, histoire de pas avoir à sortir les violons, les tambourins et les crécelles. Oui, je suis revenue à Chicago pour revoir le mecauvélorouge. Oui, j’aurais dû écouter mes boyaux – listen to your guts, in the text – et réaliser que les problèmes de banque, de correspondances manquées, de tempêtes (mon vol était le dernier de la journée, tous les autres ayant été annulés) et de caca mou-vomi à mon arrivée à l'aéroport, étaient des signaux gros comme des canyons que m'envoyait je-ne-sais-qui de je-ne-sais-où pour que je rebrousse chemin ou tourne 7 fois ma langue dans ma bouche avant de l’ouvrir. Bref. Me voilà donc il y a dix jours, à l’aéroport d’O’hare, sous la neige, températures below zéro, pour revoir un jeune homme - oui oui, 24 ans seulement - pas vu depuis un an, peu entendu et lu quelquefois/quelques fois. Je sais, on ne change pas une équipe qui gagne. Ceux qui me connaissent savent de quoi je suis capable. Non, non, je n'ai pas débarqué avec un lys blanc et une lettre écrite sur un parchemin. J'avoue j'y ai pensé. Hi hi.


J’ai donc, couru sous la neige sur les rives du lac Michigan en me prenant pour Rocky et en évitant de me faire choper les chevilles par des écureuils affamés. J'ai littéralement parcouru de long en large Devon avenue, au Nord de la ville, strip to India and Pakistan, mangé des sudji parathas avec lentilles, avec oignons (et avec sauce blanche) au petit déj' arrosés de sweet lassi. J’y ai aussi fais mon Xmas shopping pour ma mission en Iowa (t'as vu, le meilleur reste à venir), en faisant des affaires pour quelques singles en glanant bâtons d'encens, pâtisseries orientales, dattes de la Mecque et autres knick-knacks à offrir à ma famille d'accueil. Car la situation la voici: le mec travaille de 14h à 2 heures. Bien névrosé, il ne dort pas avant 5-6 heures du matin, écoute de la bonne musique mais parfois un peu déprimante, traite le Wu Tang de shitty musique (il sait pas à qui il a affaire), balançant nonchalamment Wu Tang Forever dans le fin fond de son placard après m'avoir prévenu qu'un de ses potes l'avait oublié chez lui, ET, comble du comble, est le propriétaire d'une (je vais vomir) paire de CROCS!!!!!!!!!!

Veni - Vedi - Vici. Là j'ai su. Lui et moi, ça n’aurait jamais pu marcher de toute façon.

Avant de passer rapidement à l’épisode glacial, je suis toutefois ravie d’être revenue dans cette ville. Chi Town rocks, malgré le fait qu’un poll idiot l’ai classée en première position des villes les plus jalouses - je ne sais pas ce que ça veut dire, la presse ici me laisse bien souvent perplexe - et ville la plus stressante des US mais aussi la plus écolo. Tant mieux. Ce qui m'a le plus manqué après la fonte de la neige, fut mon vélo. Mais je m'en fiche, je reviendrais rider ses chaussées défoncées aux beaux jours, un ami colombien m’ayant invité à son mariage en juin. Rock on.













Newton Iowa. Températures inhumaines. Vent à décorner les cocus. Plaines et mamelons blancs. Peu d’images. Beaucoup de nourriture. Entourée de gens biens. Beaucoup de vin pour trouver le sommeil. Putsch iPod réussi dans la voiture à l'aller et au retour.




Chi Town – Phase II. J’ai changé mon vol de retour. Je vole le 31 pour San Diego, back to the ranch. Je le savais. J’ai quitté SD en disant que de toutes manières j'étais une femme libre et que je pouvais m'acheter un billet de retour à tout moment si la situation virait vinaigre. Encore une fois, je savais que j’allais droit dans le mur, mais j’ai quand même voulu essayer. Taureau jusqu’au bout des cornes. Hier j’ai pris mes clics et mes clacs, me suis trouvée un petit Motel – free porn, free movies, eau chaude à tous les étages (un seul) et j’ai passé ma foi une bien bonne journée. J’allais pas passer une nuit de plus avec mon ami l’homme des cavernes, qui n’a pas le wi-fi, qui dort pas la nuit et qui rigole que quand il boit. Cet après-midi, j'ai fais un tour dans le quartier, qui se trouve être le coin latino, me suis arrêtée dans une boulangerie-snackerie-eatery colombienne sur Lincoln.












J'y ai rencontré le sosie de Compay Segundo, qui m'a parlé direct de mes

yeux en me disant qu'ils étaient couleur

"Hazel"- not blue/not green/not gray, only the color of the person you're talking to thinks they are. Plus tard, ce docteur de 70 ans, m’a tapé une phase guédra trop golri, quote : Moi : "I translate. Financial stuff. Confidential stuff " – Juan : "Oh, I’d like to get confidential with you". Pas mal hein? Mon père a bien réussit à pécho le numéro de ma copine pour une histoire de permis à points



J’y ai aussi rencontré mon pote Melvin. Melvin va se marier le 6 juin – et je suis invitée – Il fête demain (31) un an de fiançailles (il a demandé la main de sa future philippine femme à Times Square, NY). Et - on top of that - a eu la classe internationale de payer mon déj’ en scred ! Deux beaux derniers jours de froid sec et de ciel bleu. De sourires d'enfants, de sourires de femmes, de fous rires toute seule en écoutant les infos en boucle – sauf pour ce qui se passe en terre sainte. Parmi les titres amusants, à retenir :

- The Xmas Party Massacre : white man kills 9 people showing up at a Xmas party dressed up as Santa. The man, from Iowa (sans mentir), intended to also kill his mother who was present at the reception. Joyeux Noël Félix !

- Deux voleurs de voiture ont été coincés après avoir appelé 911 par erreur (probablement l'un deux a dû poser ses fesses sur son téléphone), l’agent à l’autre bout du fil a pu enregistrer le dialogue des deux hommes, en déduire qu'ils volaient une voiture et a même réussit à les traquer grâce au gps intégré à l’appareil. Au moins quelque chose fonctionne à merveille dans ce pays. D.A. (Dumb Ass)

- Un père de famille a été condamné pour infanticide après avoir laissé ses 2 enfants marcher seuls vers la prochaine ville (à 10 Miles !), en pyjamas et après-ski, dans la neige, par moins 5 (Fahrenheit !!!!) après une panne de véhicule, alors qu’il essayait d’effectuer lui-même la réparation. D.A.

- The Man in the Attic : a fake Santa locked himself up for a whole week in a family’s attic, eating their food, wearing their clothes and got caught only bec. one of the family members noticed that some of his Xmas gifts had been opened!!! D.A.


Voili, voilo. C’est tout pour aujourd’hui. Je vais continuer à écrire, je pense même passer à la littérature érotique, je pense tenir un filon. (Le free porn du Diplomat Motel commence vraiment à me travailler sévère).



Où j'ai dormi :


















Où j'aurai pu dormir :



















... Et où j'aurai pu mal finir :



mardi 4 novembre 2008

We Have a Dream


L'ambiance aujourd'hui est drôlement bizarre. Les rues sont désertes, la météo est hésitante, les magasins sont vides, certains sont même fermés, comme un dimanche d'Automne à Paris dans le XVème. Je ne porte ni rouge, ni bleu, je porte un t-shirt vert (oui oui la couleur de l'Islam), la couleur de l'espoir comme on dit. Comme je m'y attendais, ce n'est pas dans une auberge de jeunesse accueillant des voyageurs du monde entier que j'allais pouvoir collecter le plus d'opinions objectives. Mais j'ai vite compris que cette expérience là allait être beaucoup plus riche et beaucoup plus surprenante que prévu. Nous sommes tous ici plus intéressés par l'issu du suffrage que la majorité des américains ambiants. Tous, nous tremblons à l'idée de voir ce pays que nous explorons rester sous bannière pourpre. Je n'ai pas lu la presse, à part les deux derniers numéros de TIME magazine et pour eux aucun doute : Obama incarne le renouveau, Obama a l'étoffe d'un vainqueur et cela fait longtemps qu'ils considèrent la victoire comme acquise. Moi, pour ma part, je me suis laissée apaiser par le sondage coffee cups du 7-Eleven du coin. Cette chaîne de commerces de proximité, ouverts 24/24, 7/7, est réputée pour son café bon marché, toujours chaud et, je dois l'admettre, plutôt pas trop dégueu.

Bref. Leur format de la plus vendue a revêtu le temps de la campagne, les couleurs des deux candidats: oui, Messieurs-Dames, probablement aucune grande enquête officielle ne pourrait rivaliser avec l'acuité de ce mini-sondage. L'américain boit du café, même beaucoup, et si en son âme et conscience il choisit de verser son French roast ou son Columbian dans une cup bleue plutôt que rouge, cela doit bien devoir correspondre à son choix de la vraie vie. Moi, en tout cas, à défaut de pouvoir voter ici, j'ai bu beaucoup de café, dans des cups bleues (bien que d'habitude j'utilise ma propre afin de faire un geste pour l'environnement).

Mon taux de caféine et le niveau des tasses rouges ne cessent donc de croître. D'ailleurs cela fait deux jours que les cups Obama ne se retrouvent plus sur le comptoir. J'en suis ravie. Je me laisse porter par l'illusion de voir passer un Président de couleur dans ce pays. Je souhaite juste de tout mon cœur qu'il n'ait pas un jour à le payer de sa vie. Rappelons-nous qu'on est en plein Wild Wild West, que les querelles et les problèmes se sont plutôt toujours ici réglés à coup de colt et de chevrotine. 9% des présidents américains ont été assassinés en cours de mandat. Les pourcentages vraiment j'arrive pas à m'y faire : moi, je compte en paper cups et en têtes de pipes. Depuis George Washington (1732 - 1799), 43 présidents se sont succédé à la tête des États-Unis. Quatre d’entre eux ont été assassinés en cours de mandat :


Abraham Lincoln (1809 – 1865), assassiné par un sympathisant sudiste hostile à ses idées
James Abram Garfield (1831 - 1881), assassiné quelques mois après son élection par un avocat déçu de s’être fait refuser un poste au sein de l’Administration
William McKinley (1843 - 1901), assassiné par un anarchiste
John Fitzgerald Kennedy (1917 - 1963), assassiné par Lee Harvey Oswald (lui-même abattu le surlendemain des faits), dans des conditions mal éclaircies

N'oublions pas de citer et bien à propos :

Malcolm X (Malcolm Little), né le 19 mai 1925 - assassiné le 21 février 1965

Martin Luther King Jr, né à Atlanta le 15 janvier 1929 - assassiné le 4 avril 1968 à Memphis


J'ai pas envie d'y penser et d'être triste. Je me dis juste qu'ici tout peut arriver et que le pire dans tout ça, c'est que ça n'étonnerait personne.

samedi 1 novembre 2008

Spooky Scary Cycly Halloween..y

Je travaille encore dessus mais je ne pouvais pas attendre pour vous montrer des images. Critical Mass (grosse réunion de vélos destinée à faire la promotion de la bicyclette comme moyen de transport alternatif). Celle-ci était un peu spéciale: le dernier vendredi du mois d'octobre tombant le jour de Halloween. Imaginez un peu!

jeudi 30 octobre 2008

Las Vegas Paranoids






Non Vegas n'est pas une ville qui laisse indifférent. Oui Vegas est une ville qui coûte un bras. T’es pas sorti de ta chambre d’hôtel que t’as déjà dépensé 50 doll’, à rien faire, juste à attendre que l’ascenseur daigne s’arrêter à ton étage dans sa course de dingue vers le 24ème. La ville de tous les vices. Ceux du jeu, ceux de la luxure, ceux de l'excès en général. Le plus beau dans tout ça c'est que tout est permis: fumer dans les lieux clos, boire dans la rue, cracher par terre, uriner sur la voie publique. Un no man's land s’il en est un, un îlot de liberté où l’Amérique et son puritanisme sont laissés à l’entrée de la ville. Une ville de cow-boys, ouai, on imagine un western (moderne), des saloons derrière les portes automatiques des palaces à 30 euros la nuit, des serveuses en tutus qui vous offrent à boire juste pour vous voir jouer, des filles en shorts oranges et collants chair, des barmen rapides comme l’éclair qui dégainent des side-cars en un clin d’œil... Mais aussi des vieilles dames usées pas vraiment glamour scotchées aux machines avant que le soleil n’accroche l’horizon ; des vieux bonshommes en bermudas, baskets blanches et chemises hawaïennes, peinant à trainer leurs carcasses sur la moquette épaisse de 10 cm ; quelques enfants, fort peu, endormis dans des poussettes King-size, bercés par le cliquetis incessant des machines à sous et des rires artificiels, trompés par la nuit éternelle de ces lieux qui ne laissent jamais entrer le jour.

Oui, j’y ai usé mes fonds de culotte et mon bas de laine. Non, je ne regrette pas ce détour, j'ai même réussi à ôter ma montre pendant plus de 6 heures. Pas 6 d'ailleurs mais plutôt 7. Il semblerait - quelle coïncidence - que le 7 soit ici plus que nulle part ailleurs le chiffre fétiche.
Il débute d'ailleurs l'indicatif de la ville (702), permet de gagner le Jackpot dans les machines à sous (7-7-7), se retrouve deux fois dans ma plaque d'immatriculation (77 - mon année de naissance), sur les clés des chambres de motels que j’ai occupé (67, 107), pfff… On fini par croire plus au destin qu’à la chance si l’on s’enlise ici trop longtemps.









Vite, vite, il est temps de rouler à nouveau. Direction : Grand Canyon.