
Pour sûr il fallait que ça arrive. On va pas s’épancher trop longtemps, un peu de pudeur quand même, et puis ça risque d'ennuyer les mecs, s'il en reste encore qui s'intéressent à ce "journal". Chicago est une ville incroyable, on y fait beaucoup de vélo (c’est très plat), on y boit beaucoup de bière et on s'y baigne, oui oui, dans une eau qui ressemble à la mer mais sans les odeurs de marée, les crabes, méduses et autres goémons. C’est donc tout naturellement grâce au vélo que j'ai eu l'occasion de faire des rencontres surprenantes. Tout a commencé au moment même de mon arrivée. J'ai dû lâchement abandonné mon précieux engin dans sa belle boîte de voyage à l’aéroport, le temps de nous trouver un endroit où dormir. Ca m’a quand même pris 36 heures, inutile de vous dire que lorsque je suis allé le chercher je l'ai littéralement serré dans mes bras. Si vous laissez un bagage, ou dans mon cas du matériel de sport oversize, sur le tapis roulant, la compagnie porteuse est tenue de conserver l’objet jusqu’à présentation du coupon correspondant par son propriétaire. C'est la loi, c'est comme ça et c'est bien pratique. Nous avons donc lui et moi (le vélo toujours) emménagé dans notre nouveau youth hostel
(auberge de jeunesse pour ceux qui auraient perdu le fil). J’ai tout naturellement sympathisé avec l’un des membres du personnel de cette honorable institution en parlant vélo, ce gentil jeune homme étant lui-même propriétaire d'une petite reine bien française, une bicyclette Motobecane vintage. La connivence et d’autres sujets communs ont donc fait que l'entente de nos chères machines nous a porté à pousser plus avant la nôtre. Je suis donc toujours à Chicago. Je n'ai pas pris mon vol pour Montréal et je dois normalement voler vers cette ville mercredi. Ça tombe bien: deux jours c'est vraiment trop court et puis je n'ai pas encore goûté la fameuse pizza locale ni mis les pieds dans un club de blues. Niveau musique d’ailleurs je suis servie : j’habite maintenant dan une maison où la porte ne se ferme jamais (oui c’est ça, la maison bleue accrochée sur la colline) mais en mieux quand même, trois musiciens utilisant leur salon comme salle de répét’. Tout ça sent bon la joie de vivre et l’été. Il fait toujours aussi chaud et beau ici. J'ai même sorti mon bikini et piqué une tête dans le lac. Mon vélo et moi sommes donc au top : chacun de nous a trouvé un compagnon de ballade et y'a pas à tortiller, ça vous fait voir la ville autrement.
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