jeudi 30 octobre 2008

Las Vegas Paranoids






Non Vegas n'est pas une ville qui laisse indifférent. Oui Vegas est une ville qui coûte un bras. T’es pas sorti de ta chambre d’hôtel que t’as déjà dépensé 50 doll’, à rien faire, juste à attendre que l’ascenseur daigne s’arrêter à ton étage dans sa course de dingue vers le 24ème. La ville de tous les vices. Ceux du jeu, ceux de la luxure, ceux de l'excès en général. Le plus beau dans tout ça c'est que tout est permis: fumer dans les lieux clos, boire dans la rue, cracher par terre, uriner sur la voie publique. Un no man's land s’il en est un, un îlot de liberté où l’Amérique et son puritanisme sont laissés à l’entrée de la ville. Une ville de cow-boys, ouai, on imagine un western (moderne), des saloons derrière les portes automatiques des palaces à 30 euros la nuit, des serveuses en tutus qui vous offrent à boire juste pour vous voir jouer, des filles en shorts oranges et collants chair, des barmen rapides comme l’éclair qui dégainent des side-cars en un clin d’œil... Mais aussi des vieilles dames usées pas vraiment glamour scotchées aux machines avant que le soleil n’accroche l’horizon ; des vieux bonshommes en bermudas, baskets blanches et chemises hawaïennes, peinant à trainer leurs carcasses sur la moquette épaisse de 10 cm ; quelques enfants, fort peu, endormis dans des poussettes King-size, bercés par le cliquetis incessant des machines à sous et des rires artificiels, trompés par la nuit éternelle de ces lieux qui ne laissent jamais entrer le jour.

Oui, j’y ai usé mes fonds de culotte et mon bas de laine. Non, je ne regrette pas ce détour, j'ai même réussi à ôter ma montre pendant plus de 6 heures. Pas 6 d'ailleurs mais plutôt 7. Il semblerait - quelle coïncidence - que le 7 soit ici plus que nulle part ailleurs le chiffre fétiche.
Il débute d'ailleurs l'indicatif de la ville (702), permet de gagner le Jackpot dans les machines à sous (7-7-7), se retrouve deux fois dans ma plaque d'immatriculation (77 - mon année de naissance), sur les clés des chambres de motels que j’ai occupé (67, 107), pfff… On fini par croire plus au destin qu’à la chance si l’on s’enlise ici trop longtemps.









Vite, vite, il est temps de rouler à nouveau. Direction : Grand Canyon.

Losse-en-Gelesse rapideclair


Bon. On va pas s'éterniser et puis on est pas là pour ça pas vrai? Donc Los Angeles rapide, juste le temps de faire un sourire Ultra Brite au gentil Monsieur des Customs, de pick-up une F--k--g damn good lookin'car : rien moins qu'une Ford Mustang décapotable grise. Ah, ah, me voilà LA, à moi tous les anges, les blonds, les bruns, les Crips, les Bloods, les Chicanos et les déchus, tout bras dehors et attitude en mode : ON. Le passage dans cette ville fut bref, à croire que je ne parviendrai jamais à y trainer mes semelles plus de deux jours, comme un songe, pas de photos, juste deux-trois beaux vélos aperçus (non non, ce n'est pas encore une de mes métaphores) et puis une envie pressante de prendre la route, comme une autre que l’on a souvent au volant. Oui. Rouler, écrire, comme un exutoire, aligner des lignes comme on enchaine des kilomètres, laisser des choses et des personnes derrière soi. Je suis de retour au pays, pour plus longtemps que prévu. Attendez voir, mes plans ont encore changés.