lundi 23 novembre 2009

Le Vélo de Carole

Vélo AVANT :


Le Vélo de Carole est né en octobre 2008. Il est né de la colère de Carole après un vol de vélo. Rien ne la destinait - à se prendre pour Alain Delon et à parler à la troisième personne - sans déconner... Nan, rien ne destinait Carole à rouler en single speed et pourtant. Vous vous rappelez NYC, Brooklyn, le Vélo de Carole-des-Etats-Unis, celui avec lequel elle a silloné les grandes villes américaines, déjà celui-là il avait un beau profil, il allait vite, ok avec des vitesses, mais déjà des cales-pieds et surtout, il lui donnait cette impression incroyable de voler... Bah elle voulait pas que ça s'arrête. Le Vélo de Paris serait un vélo comme celui des coursiers dingues de Keuyornew, un truc épuré, un truc facile à entretenir et à la mécanique somme toute, assez simple. Pour Carole, un Vélo ça doit être un peu comme une Volvo : tu lui mets une goutte d'huile de temps en temps, tu resserres deux-trois trucs et tu vérifie régulièrement la pression des pneus.

Après il a fallu trouver le cadre. Ouai sur internet ils ont dit que pour faire un single il fallait déjà trouver un cadre, ok, à la bonne taille, ouh la, avec des entrées, des entailles, enfin des trucs en bas là qui s'appellent-chais-plus-comment pour mett' les roues qui doivent être comme-ci et pas comme ça, et puis après les roues, les moyeux... Quoi un cintre ? Ah ouai l'autre nom pour le guidon. Un pédalier, un boîtier de pédalier... Quoi ? Un ratio ? Nan les mecs, vous vous la racontez sur vos putains de forum, c'est pas compliqué, je veux un truc pour rouler et pour me déplacer, et là vous venez me dire que y'a plein de trucs auxquels j'avais pas pensé ! J'ai cru devoir abandonner. Je suis allée jusqu'à Tours en TER acheter un vélo Motobécane d'occase' en pensant en faire quelque chose mais quand ça a commencé à parler soudure, montage, j'ai eu comme l'impression de m'être embourbée. Et en attendant, toujours pas de vélo. Et ce magasin là, rue Pierre Dupont à deux pas de chez moi, sur mon chemin quand je vais au Franprix... Ah ouai ça c'est certain ils en ont des beaux vélos, mais ces mecs, d'ailleurs y'a que ça là-bas, on dirait une secte, ils font les acrobates sur leurs vélos, j'ai trop peur, trop la honte d'aller leur parler. Alors les vélos, pour les voir de près, je passe devant la boutique la nuit, quand tout est fermé et j'colle mon nez à la vitre comme les gosses à Noël devant les vitrines. Un jour faudra quand même bien que j'y aille. Et j'y suis allée. Le jour. J'ai parlé avec un mec qui ressemblait à Casper, qui m'a tutoyée tout de suite et qui a voulu me refourguer un cadre chilien rose, certes à ma taille mais rose... En tout cas, mon premier coup de pédale sur un fixe c'est grâce à un mec avec une barbe d'ayatollah que je l'ai passé, lorsqu'il m'a laissée essayer le vélo-de-la-vitrine. Moi j'y connaissais rien mais de ce jour là, je me souviens de tout. Du temps qu'il faisait, des vêtements que je portais. Un peu comme la première fois que tu roules une pelle. J'ai remonté mon futal, arrivée au bout de la rue j'ai découvert avec stupeur que y'avait pas de freins, mais non, fallait pas perdre la face. Putain les mecs j'ai eu chaud ce jour-là. Bon et puis d'façons ce vélo il est trop grand.

Carole sans vélo depuis un mois. Trop dur. J'ai été chez Bicloune aussi, j'ai essayé un vélo de course japonais, Dame, j'avais jamais été couchée comme ça sur un vélo, ah ouai les mecs du camion-poubelle que je viens de doubler vous avez vu mon string, ouai je sais, je me verrais, je sifflerai aussi. Pas pour moi non plus. Le vélo d'occas' de mes rêves, j'crois que je le trouverai jamais. La bonne taille, la bonne géométrie... J'en étais à reluquer tout ce qui roulait, habitude que j'ai gardée d'ailleurs, envieuse, j'en aurai pleuré d'être à pinces. Je me suis dis qu'il fallait que j'achète du neuf, que c'était moins risqué, quand on y connait rien, faut rester humble, mais le choix dans le tout-fait n'était pas vaste. Et là, ce fut comme une apparition. Love at first sight. Un pur hasard, p'têt une recherche sur Google du type : "cadre 49 cm single speed complet" et BIM ! J'ai imprimé la photo, et encore comme une gosse, je suis-allée-chez-le-marchand-de-vélos (Cycles Laurent) et je leur ai dis : "j'veux ça !". Vélo s'est fait attendre, il s'est fait désirer, il a du être payé en deux fois. Quand il est arrivé on était déjà en octobre, deux semaines plus tard je repartais en Californie faire un road trip avec un pote, pas moyen que je l'emmène, trop peur de l'abîmer. Pas grave. je serais encore plus heureuse de le retrouver en janvier, quand tout sera gris, que je serais au fond du sac d'être de retour à Paname. Pour la suite, je vais la faire brève :

A mon retour, Vélo a roulé 15 jours avec ses deux freins et son cintre piste. Vélo et Carole ont ensuite été chez Cyclope se faire : 1) chambrer ; 2) poser un nouveau cintre et se faire amputer d'un frein. Deux semaines plus tard, Carole, un peu éméchée, a voulu faire la démo du moyeu flip-flop à ses potes-pas-du-vélo et Vélo est passé en pignon fixe. Manque de bol, c'était en haut de la butte Montmartre, mais Carole a appliqué sans le savoir la devise aujourd'hui si chère à son ami DADA : " On fonce, on verra après ".

Vélo n'est depuis plus jamais repassé en roue libre. Vélo est allé à Berlin pour se roder et il a toujours attendu sa Maîtresse bien sagement devant tous les musées, bars et restos-à-saucisses. Vélo aime la pluie, la neige, le vent et surtout, Vélo est le plus beau vélo du monde.
Crédit photo : http://www.yann-g.com/blog/

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Sweet pics carole! When is your bike coming to seattle? :)
Zach