jeudi 1 novembre 2007

Gay Lurons - Le jour

Portée par mes pieds, tel Hermès.


Wouhou, c’est reparti! Come on board! Bon, à part que là pour le coup vous serez pas assis sur le cadre ni sur le porte-bagage car mon vélo est P-E-R-D-U et oui, Viva British Airways, standing ovation. Bon d'un autre côté j'en ai pas trop besoin et puis ça fait deux ans que j'ai quitté Pigalle et les côtes je les maitrise plus comme avant. Restons donc optimiste et puis ils ont jusqu'au 9 pour me le livrer à l'HI http://www.hihostels.com/affiliates/, jour prévu de mon départ pour San Diego, yeah right, Surfing USA. Et puis San Francisco à pieds c'est plutôt pas mal. Voilà donc le décor planté, matinées embuées de brouillard, après-midis ensoleillés, nuits glaciales. Ici les gens marchent moins vite qu'à NY, d'ailleurs ils marchent, ils ne prennent pas un taxi pour sortir leur chien. Le Blackberry aussi se fait moins voyant, il est remplacé par les casques blancs d'iPod, ici c’est un must-have, après tout c’est un peu la mascotte locale. Oui parce qu’ici on fait attention à soi, trop de téléphone ça peut provoquer le cancer, fumer est tabou, d’ailleurs acheter un paquet de clopes relève presque du défi tant elles sont bien dissimulées dans les magasins, un peu comme les poubelles d’ailleurs, drôle de paradoxe. Tu peux marcher un bloc entier avec ta paper cup ou ton mouchoir sans trouver en trouver une seule. En fait ici il faut cacher ce qui fâche, ordures, mégots, clochards, noirs, pédés. Et ouai, c’est ça l’Amérique, tous dans le même sac et Dieu comme bouchon. La tolérance n’est plus trop de mise, d’ailleurs on essaye de nettoyer les quartiers, sauf le mien, qui reste la mecca des freaks et autres poivrots titubants.

On sent d’ailleurs ici plus qu’ailleurs que le mot tolérance revêt de l'importance, America Land of the Free, San Francisco Bay Home of The Gays – Ouai je sais elle était moyenne celle-là. Tada. Un peu comme un pèlerinage rapport à des chansons, (Grace Cathedral Park - Red House Painters et For Free – Joni Mitchell), je me suis hissée tout en haut, là-bas, sur Nob Hill, où le Ritz (gros comme un diamant) et le Fremont Hotel, rappellent encore que la pyramide sociale reste en vigueur. Donc là trône Grace Cathedral, avec sa chapelle in memoriam des victimes du Sida, son labyrinthe intérieur éclairé par des vitraux façon disco. Et oui, la communauté gay a bien sa place ici, après tout c’est ici le berceau de la Gay Pride. Un triptyque réalisé par Keith Haring deux semaines avant sa mort,




un morceau du Aids Memorial Quilt http://www.gracecathedral.org/ et http://www.aidsquilt.org/, un livre relié main où si vous le souhaitez, vous pouvez faire ajouter le nom d'une personne chère morte de cette maladie en renvoyant un formulaire avec nom/date de naissance + date de décès à l’adresse suivante : Grace Cathedral, Interfaith AIDS Memorial Chapel, 1100 California Street, San Francisco, CA 94108 ou par tél : +1 415.749.6300. Un don est généralement bienvenu. L'idée est bonne: calligraphier et consigner dans un ouvrage le nom de toutes les victimes du virus HIV. Utopique, soit. On sait déjà qu’une bonne partie du monde mourra dans l’anonymat le plus complet. Anyway, tout ça part d’une bonne intention.

C’est donc une journée placée sous le signe des singularités. Juste en face de la cathédrale se trouve l'auditorium des Free Masons http://www.masonicauditorium.com/, je vous épargne la translation, bâtiment lourd, trop lourd même de symboles, mais - oh joie et fait rare ! - les visites sont autorisées aujourd’hui. Pas non plus super transcendant, d’ailleurs l'accès restreint - la loge au troisième étage est bien fermée, grillagée, cadenacée et vérouillée – te rappelle Oh combien ! toi simple mortelle femelle, ta présence est tout juste tolérée en ces lieux sacrés. Après tout ça, l'altitude a commencé à me fatiguer, j'ai voulu redescendre vers la plèbe et tâter un peu le terrain, celui d’en bas, des gens déguisés, des travellos qui boivent de la bière à la bouteille et des enfants qui te rackettent à dix pour t'arracher une sucette. Et oui, c'est Halloweeen!


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